Vous qui avez perdu un enfant....
#1
Chers parents ,compagnons de douleur,
J aimerais tellement parler avec vous du fond de mon desespoir...Ma petite princesse s est suicidee il y a presque 14 mois.Elle avait 28 ans.C etait ma petite fille cherie,la prunelle de mes yeux.Je ne voudrais pas vous ennuyer avec mes etats d ame.Je voudrais simplement vous demander des témoignages sur votre deuil.Est ce moi qui devient fou?Je suis si malheureux,fou de douleur,de culpabilité.Dites moi si vous aussi vous devez vous isoler pour hurler votre peine...dites moi si vous vous reveillez les yeuxpleins de larmes.Dites moi s il vous arrive encore de croire que votre enfant va revenir,vous telephoner.Dites moi si vous aussi vous ne croyez pas qu on a enfermé à jamais votre enfant dans une caisse en bois...que vous ne le reverrez jamais...Dites moi pourquoi on appelle Dieu d Amour Celui qui permet tout çà...Ou dites moi de me taire...J ai lassé tant d amis ,toute ma famille...Je resterai seul à pleurer tout bas...Elle me manque tell ement...ma ¨Pepette...
Merci de m avoir lu...merci si vous voulez me repondre
#2
Bonjour papadomi

moi j'ai perdu ma petite puce du cancer ,elle n'avait que 2 ans,une toute petite fille pleine de joie de vivre qui dansait et souriait; quand la maladie ne la fesait pas trop souffrir.

comment je vis mon deuil.....Dans la peine et la colère,oui encore et toujours cette colère.
Mais tu me verrais et tu me dirais qu'en apparence ça ne parait pas,car je suis d'un tempérament très calme et raisonnable....comme je l'ai toujours été.
J'avoue que c'est avec très peu de personnes, que je parle de se que je vis;
Contrairement à mon mari j'essai de voir les gens de ne pas trop m'isoler,et vu que je suis d'un tempérament renfermé;je n'ai pas de difficulté à parler de d'autres sujets que de moi-même.Et les gens adorent parler d'eux.....allors ils trouvent que j'ai une bonne écoute et en profite.
Mon mari lui s'isole,car lui justement a de la difficulté à parler de d'autres choses.
Et vous connaissez les gens.....ils veulent justement que nous changions un peu de sujets.

C'est parfois difficile d'être compris,il n'y a qu'avec les vrais amis,et les gens qui vivent la même chose que nous.

J'ai réalisée à un moment donné que c'étais vraiment fini....et que je ne la reverrais jamais...que je ne la verrais pas grandir et devenir une belle jeune femme....une mère à son tour.
Ce fut très dur de réaliser tous cela......

Je comprends dans quel état d'esprit tu dois être......mais parle parle parle,nous ça ne nous lasses pas.
Nous te comprenpons et nous imaginons très aisément quelle perte horrible,que cela à causer dans ta vie.

Mais dis-moi papadomi à part la gentiane,est-ce que tu as de l'aide extérieur??
Nous sommes tellement loin les uns des autres....
Comme moi présentement,assise devant mon ordinateur,je cherche les mots qui pourrait te consoler un peu..... Coeur

Mais n'oubli pas nous sommes tous là solidaire Clin d'Oeil

Amicalement d'une amie de la gentiane xxx Syl






#3
bon je n'ai pas perdu un enfant mais un petit ami mais je me permets de te répondre quand même :

oui je me réveille, m'endors les yeux pleins de larmes, parfois même les larmes me viennent rien qu'à entendre un mot, ou voir une photo du temps ou on était heureux, et le décalage avec cette tristesse qui m'étreint, là les larmes viennent vite et fort je crie parfois toute seule en espérant qu'il me réponde, qu'il ne me laisse pas seule dans cette souffrance- et ça me soulage cinq minutes... et la douleur recommence. Je croyais encore, il y a pas longtemps, que j'allais forçément recevoir une lettre de lui, un clin d'oeil, je me mets à espérer ce signe en lequel je ne crois pas pourtant.. J'imagine qu'il n'est pas mort, ou qu'il s'est réincarné (!)
Oui je me sens devenir folle - et c'est normal je crois.

Sauf que ça fera six mois mercredi... et que je crois que je sombre dans la dépression. La seule chose que j'ai trouvée, c'est de m'occupper. Mais cette vie n'est que provisoire pour moi. J'attends quelque chose - mais je ne sais pas quoi ? Enfin, vous êtes parfaitement sain d'esprit...mais fou de douleur et ça, c'est la chose la plus normale au monde. C'est dur de retrouver goût à la vie maintenant. Ca parait même impossible - mais j'ai toujours été déprimée avant de le connaître - là c'est vraiment le coup de grâce qui me rend totalement nihiliste.
Je ne sais pas quoi dire d'autre... Je crois, dans mes bons jours que la vie n'a jamais été autre chose qu'une succession d'instants plus ou moins heureux et dont il faut profiter sans forcément se chercher une raison de vivre plus noble..
Mais c'est dur quand on est idéaliste, qu'on se pose trop de questions et qu'on en veut à la terre entière.. Pleure Jaune Coeur xx
#4
Cher papadomi,
Je sens tellement de souffrance en vous. Je n'ai pas perdu un enfant mais permets moi de te dire que ma souffrance a été horrible, je pensais mourir y laisser ma peau. Tu sais que j'ai fait une très grosse dépression. Je te lis depuis plusieurs mois et du fonds de mon coeur papadomi je t'en supplie VA CHERCHER DE L'AIDE PROFESSIONNELLE. Ce site est extraordinaire mais parfois nous avons besoin de plus. Je ne veux pas te blesser loin de là mais si je peux me permettre, il me semble que tu t'enlises Dominique, c'est urgent pour toi de refaire surface. Je lis tes témoignages et je ne retrouve jamais un moment ou tu parles que tu as essayé de passer à l'action. Tu partages ta peine c'est très bien mais il y a aussi une étape très importante à ne pas oublier: Qu'est ce que je peux faire aujourd'hui? Faire quelque chose pour toi pour réapprendre à vivre tout doucement ne veut pas dire que tu aimes moins ta petite princesse. Dans la vie lorsque l'on essaie de s'en sortir seul cela ne fonctionne pas. Je suis désolée peut-être me trouves tu dur avec toi, mais lis le témoignage avant moi et il se termine en te demandant: Vas tu chercher de l'aide professionnelle? Lorsque nous répondons oui mais...............c'est que nous ne voulons pas. Alors Dominique le premier pas est le plus difficile. Fais toi ce cadeau.
#5
Cher Dominique ....Si seulement tu savais a quel point tu es normal ....
Combien de fois je me suis dit "alexandra , tu deviens folle , folle de douleur , folle de desespoir , folle de souffrance .... "
Combien de fois me susi je dit , "pourquoi lui ? pourquoi nous ?"
J e n'ai bien entendu pas trouver de reponse .... J e me raccroche simplemnt a l'amour que je lui porte et a celui qu'il m'a apporté .... me dit qu'il me voit de son nuage .... je me dit aussi que la meilleure facon de lui prouver mon amour c'est de vivre pour lui , et de preserver son souvenir dans la memeoir des autres .....
Alors non dominique tu n'es pas seul et pas fou non plus ....
Ta pepette t'aime de tout son coeur ....
Courage
Bisous
alexandraInterrogation0
#6
Cher Papadomi,
J'ai perdu mon fils aîné de 16 ans et 11 mois d'une mort atroce et tragique dans des circonstances très nébuleuses. Je vis ce calvaire depuis 16 mois.Ma vie est devenue morne et monotone.Je suis malheureuse,sans vie,pleine de culpabilité,pleine de haine,de rage.Je voudrais tant revoir mon fils,il me manque tellement. Je vois des jeunes dans la rue et souvent je crois que c'est lui et là la déception.Je ne réalise pas encore que je ne le reverrais plus ``JAMAIS``. Mon deuil, je ne l'ai pas encore vécu, qu'est-ce un deuil pour une maman qui attend encore des réponses sur cet terrible accident ? Une enquête publique du coroner est en cours et là nous saurons la vérité. Je vis toujours dans l'attente de quelque chose mais quoi, qu'il m'appelle et me dise ``MAMAN`` , qu'il me donne un signe, qu'il est là tout près de moi. La solitude et la souffrance sont devenue mes compagnons de tout les jours. Mon fils demeurera mon premier bébé tant désiré pour sa maman qui l'aime à tout jamais. Tu n'es pas seul Papadomi. Ce que tu vis, je le vis aussi et ce site m'aide énormément.
Courage
Anita Pleure Jaune
#7
non papadomi tu ne deviens pas fou cette douleur si intense je la connais aussi.
il m arrive de la voir arriver, d entendre sa voix, de croire que c est elle qui appelle oui et pourtant cela fait deux ans deja qu elle est partie mais pour moi c etait hier, hier encore je riais avec elle, hier encore nous passions de longues soirées a discuter, hier encore nous partagions toutes nos joies, nous évoquions tous nos rêves. alors moi non plus je n arrive pas a admettre que cela est arrivé encore moins a l accepter.
et maintenant je me retrouve dans ma prison de souffrance à me cogner contre les murs d indifférence et d oubli car oui pour les autres tous les autres est venu l oubli, ou en tout cas s ils n ont pas oublié, car pour qui a connu zabou on ne peut l oublier, et bien ils n en parlent plus elle appartient au passé pour eux MAIS PAS POUR MOI, elle continue a etre mon présent et mon avenir.
jour apres jour la douleur est la même et quoique l on puisse dire, je sais moi qu elle restera la même.
et nous voila sur ce site merveilleux qui nous permet de parler de nos enfants avec d autres personnes que l on ne connait même pas mais qui nous comprennent si bien.
tout ce que je puis te dire aujourd hui c est que je t ai lu et entendu j ai compris ta détresse et que si tu veux m écrire personnellement alors n hésite pas car je ressens le même détresse que toi et j ai mis longtemps avant que de pouvoir vraiment écrire sur ce site mais maintenant j y arrive et je sais que cela nous fait du bien , de partager de parler et d être écouté
mes amities a toi papadomi
#8
Cher Dominique et les autres parents,
Je me reconnais dans chacun et chacune de vous, et celà va faire 3 ans que mon fils Jérémy, 15ans1/2, est parti à cause de la négligence d'autrui. Je dis souvent qu'il faudrait installer des "hurloirs" pour nous, car la société, au bout d'un certain moment, nous demande de réagir comme si rien ne s'était passé, et nous ressentons une impression de solitude incommensurable. Mais le soir quand le masque tombe, je hurle toute seule dans une pièce, je crie, je trépigne, j'ai l'impression de ne plus être qu'une seule douleur et de devenir folle, comme toi Dominique. Je prends une tonne de médicaments pour dormir et je m'en fous. Au début, j'ai lu tous ces beaux livres sur la communciation avec l'au-delà, j'ai attendu la colonne de lumière qui descend du ciel, j'attends toujours qu'il vienne me dire qu'il est bien où il est, c'est la seule concession que je ferai au destin. Mais je n'arrive même pas à rêver de lui. Depuis peu je vois un psy, et malgré ma réticence du début, les séances me font bc de bien. Tu devrais peut-être y songer. Ce WE et pour 3 jours, Julien, son frère jumeau, fête les conscrits, et j'ai l'impression de crever, car la classe est au complet, et Jérémy au cimetière.
Mon message n'est peut-être pas franchement porteur d'espoir, il ne faut pas se leurrer, nous sommes amputés à vie, mais je veux quand même vous dire qu'en près de 3 ans j'ai toujours travaillé, me suis occupée de mes petits-enfants, de mon fils Julien, ai assisté à toutes les fêtes de famille. La survie s'installe, et on a à nouveau de petites plages de bonheur. J'en ai eu une en juin, et c'était au concert de Johnny à Strasbourg. Je ne pensais pas ressentir à nouveau un jour une telle sensation de joie et de délire. Merci Johnny, pour une soirée, je me suis retrouvée. Il faut de la patience, et savoir que la douleur est toujours là, à nous surprendre quelquefois quand nous ne nous y attendons pas, il faut juste arriver à vivre avec, et chercher les signes dans la vie quotidienne. Rien que ce site magnifique est un signe, le fait de pouvoir communiquer, et d'autres choses qui avant nous auraient parues insignifiantes.
Cher Dominique, n'hésite pas à venir hurler ici, ne reste pas isolé, et pense que tu es tout à fait normal, un père désenfanté qui crève de douleur, comme je te comprends. Je te souhaite d'avoir le courage de continuer ainsi qu'à vous toutes.
Marie-France de France (Moselle)
#9
Domi moi j'ai perdu Arnaud cela fait 2 ans 1/2 , et j'ai attendu son coup de téléphone mais en vain, je me suis toujours dit non il (n'abandonnera) pas sa maman, il ne supportais pas que sa maman souffre, mais s'il me voyait maintenant, détruite, sans but, il serait malheureux. J'ai toujours espéré son retour, la preuve sa chambre est toujours comme il l'a quitté avec toutes ses affaires, rien n'a bougé depuis. Hélas il ne reviendra pas , pourquoi mais pourquoi. Pourtant cette vie continue avec des hauts et des bas. Pourquoi Dieu nous as pris nos enfants et pourquoi nous? J'étais très croyante avant le décès d'Arnaud mais depuis je n'arrive plus. Tu sais moi aussi les fetes de famille, je refuse, la joie des autres je ne supporte pas, je vis dans mon monde et c'est très bien comme cela. Je ne suis plus comme les autres et les autres ne comprennent pas, comment le peuvent ils, leurs enfants sont vivants. Tu vois Domi la vie nous épargne pas et nous devons continuer sans eux mais comment.
Heureusement il y a la gentiane pour parler de nos enfants, Domi si tu veux en parler n'hésite . Je te dis courage . Bisous
#10
Mon deuil a le même âge que le vôtre, la même cause. Mon fils avait 35 ans il était très attachant et nous avions une grande complicité . Sa longue dépression, les risques de suicide me l'avait rendu encore plus proche et encore plus cher.
Je ne pleure plus guère, comme si les larmes ne servaient à rien. Je me suis congelée. J'essaye de vivre comme avant, je parle de lui au présent et tant pis si l'on me croit folle. Mais cette façon de vivre m'épuise. J'ai besoin de me retrouver seule pour faire le point et j'en ai rarement l'occasion puisque j'ai doublé mes activités.
Voilà, cher Papadomi, ma façon de vivre la même peine. Peut-être aussi la recherche de cet autre qu'il est devenu me pousse-t-elle à avancer quand même et ne plus m'arrêter à chercher pourquoi il a voulu partir et ma part dans cette décision. Ca, je ne le saurai jamais et mon désir de recommencer tout à zéro n'est pas plus réaliste. C'est comme cela, c'est son histoire d'homme, c'est mon histoire de mère. Cette peur de perdre mes fils qui m'a taraudée toute ma vie est devenue une réalité: un de mes fils est mort. Le seul espoir qu'il me reste c'est qu'il n'est pas tout à fait parti et que je le retrouverai un jour pour vivre quelque chose que je ne peux pas imaginer maintenant.
Ce que j'ai appris, c'est que je n'étais pas pour mes enfants un bouclier parfait contre les douleurs de la vie, que j'avais mes limites devant leur indépendance d'hommes , et que les erreurs que j'ai faites, je les ai faites par amour, en croyant bien faire. J'ai appris aussi que j'étais comme les autres et qu'il pouvait m'arriver malheur également.
Je pense à vous, très fraternellement.
Amitiés,
France
  


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