Encore une petite étoile
#1
J'arrive tout juste sur ce site, j'ai déjà lu beaucoup, me suis dit que peut-être ça m'aiderait aussi de poster qqch.

Mon petit trésor à moi est morte dans nos bras il y a 2 semaines maintenant. Elle était très malade, le traitement qui devait la sauver a eu des effets secondaires qui ne lui ont laissés aucune chance. Et pourtant elle a essayé tant qu'elle a pu, je pense qu'elle a essayé pour son papa et moi.
Elle avait 23 mois et demi; samedi elle aurait eu 2 ans, hier on a dispersé ses cendres dans la campagne autour de la maison.
Elle a connu la souffrance et la peur, et pourtant le dernier jour où elle était consciente, elle a pu m'offrir ses derniers sourires et même un petit rire.

Comment on fait après? Comme on peut je suppose. Elle était notre premier enfant. Rentrer de l'hôpital sans elle, retrouver une maison tellement silencieuse... Elle aura peut-être un petit frère ou une petite soeur plus tard. Je voudrais juste être certaine qu'elle est bien maintenant, qu'elle n'a plus peur et plus mal.
#2
on a lu mon post mais personne ne répond
ça sert à quoi ces forums alors
Je passe du temps à demander de l'aide autour de moi et personne à part une exception
Je pensais que des inconnus derrière un écran aurait peut-être moins peur de dire qqch mais c'est aussi trop "difficile" semble-t-il
#3
Bonjour petite maman dans la peine,
Mon coeur se serre en lisant ton histoire. J'aimerais trouver des mots pour te consoler. Je peux simplement te dire que je comprends ta peine immense. Moi aussi, je suis comme toi. Je vis "l'impossible absence" depuis 8 ans maintenant. J'ai perdu mon pus jeune fils, mon Maxime, dans un accident de moto, l'avant veille de ses 22 ans. La terre qui s'ouvre sous nos pieds.
Ce que je veux te dire, c'est que tu peux compter sur moi si tu as besoin de parler de ta petite étoile. On a besoin de parler de nos amours qui se sont envolés. Et puis, ta princesse était si petite...Tu sais, j'ai beaucoup évolué. J'ai compris beaucoup d choses. Trouvé un peu d'apaisement, de sérénité et j'ai aussi retrouvé de la joie de vivre, malgré mon grand chagrin. J'ai compris que entre nos enfants et nous, l'amour ne meurt jamais, le long fil d'amour nous relie encore et toujours, pour toujours. Mais pour toi, qui commence le chemin, l'important est de vivre un jour après l'autre, en ne gardant pas ta peine pour toi.
Je te serre dans mes bras et j'envoie une pensée d'amour à ton petit ange.
Martine Grosse Fleur
#4
Merci Martine
Au départ, j'ai voulu m'isoler et puis j'ai compris qu'en me coupant de tout, je me coupe d'elle aussi. Je ressens un peu sa présence quand je suis positive. Mais quand je me fâche sur tout, que je ne prends pas soin de moi et de son papa, je ne sens plus ce lien. Je suppose que c'est une force qq part, je suis "obligée" de continuer, de trouver un peu de cette sérénité pour la sentir avec moi.
Elle aimait beaucoup voir des gens, faisait signe à tout le monde, souriait beaucoup, son papa la faisait rire aux éclats en inventant des tas de bêtises
Oui, un jour à la fois et espérer, comme à l'hôpital mais espérer différemment maintenant

J'avais lu certains de tes posts en parcourant le forum, j'avais lu la citation de St Exupéry. Je l'avais même imprimée.
#5
Bonsoir,
Les jolis mots et les belles citations m'ont beaucoup aidée dans les premiers mois après l'envol de mon enfant chéri. Parfois, de doux mots peuvent alléger un peu nos maux.
St Exupéry a écrit des choses merveilleuses. Il avait une grandeur d'âme incroyable je trouve et une grande délicatesse.
Cela ne m'étonne pas que tu ressentes la présence de ton enfant...Un jour je te raconterai le lien tellement spécial qui nous unit encore Maxime et moi. C'est une histoire incroyable...
Courage pour toi, pour le papa de ta petite étoile.
Prends soin de vous.
Je t'embrasse
Martine Grosse Fleur
#6
Ses câlins me manquent beaucoup ces jours-ci; il faut dire qu'elle était très câline, toujours à s'assurer de son port d'attache avant de partir à l'aventure, découvrir tous les recoins de la maison. Toujours une leçon pour moi, elle faisait avec ce qu'elle avait, avec ce qu'elle pouvait et n'abandonnait jamais (comme son papa, quand j'y pense). A cause de la maladie et des traitements, elle ne marchait pas mais se déplaçait beaucoup tout de même, ne parlait pas mais babillait beaucoup tout de même.
Chaque jour, je vois que les contacts humains où l'on est vraiment là avec l'autre m'aident beaucoup; alors qu'auparavant, je les fuyais plutôt, très introvertie.
Cela me porte, me supporte parfois, je suis riche de cela, je suis riche d'elle.
Ce lien que tu gardes avec ton fils me donne beaucoup d'espoir, ainsi que cette sérénité que tu as pu retrouver. Cela me laisse entrevoir que beaucoup est encore possible, possible différement...
#7
Si mes mots t'apportent un peu d'espoir et un peu de réconfort, alors tant mieux...Comment s'appelle ton petit ange ?
Tu as raison, je pense que lorsqu'on le peut, il est important de ne pas rester isolé avec sa peine, mais il y a aussi des moments où l'on a pas le courage de rencontrer des gens ou de se confier. Il faut faire comme on le sent.
Je t'embrasse.
Martine Grosse Fleur Grosse Fleur Grosse Fleur
#8
Elle s'appelle Aliana. Mais je l'appelais surtout de plein de petits mots doux et surnoms.
J'ai très souvent besoin de solitude, je vois peu de gens. Mais c'est uniquement cette solitude choisie que j'apprécie. Etre au milieu de gens et me sentir seule est très difficile à supporter. J'ai besoin de contact, mais souvent de préférence virtuels pour le moment, du moment que les échanges ne sont pas superficiels.
Hier et la nuit d'avant ont été très difficiles, j'ai l'impression qu'on ne sait jamais quand le creux de la vague va frapper avec cette douleur qui devient si lancinante
#9
J'ai l'impression d'une bulle dans laquelle ma douleur est enfermée. Ma douleur ressemblerait à une boule pleine de piques acérées et venimeuses. La bulle me protège pour le moment plus ou moins, elle rend moins féroces les blessures des piques. Mais je sens bien que cette bulle finira par éclater et à ce moment-là la boule sera libre et ce sera terrible.
Je me demandais tout à l'heure s'il y a vraiment qqch après la mort. Si c'est non, la mort apportera une fin de la douleur sans rien proposer d'autre; si c'est oui, alors la mort apportera la douceur de retrouvailles. Dans un cas comme dans l'autre, pourquoi continuer alors. C'est un questionnement théorique, je ne pense pas à en finir.
S'il n'y a que le néant, pourquoi aurais-je d'autres enfants? Pour les confronter à cette horreur d'une vie sans aucun sens.

J'ai parfois l'impression que je ne l'ai connue qu'en rêve, qu'elle n'a pas été là pour de vrai. Intellectuellement, je peux me rappeler certaines choses qu'elle faisait, comment elle se comportait, etc. Mais je ne parviens pas à le ressentir, juste à le penser.
#10
Même pas 2 ans et elle avait déjà passé quasi passé 6 mois à l'hôpital en additionnant le tout.
2x 2 mois et plein d'hospitalisations courtes ou de jour
Pas un cancer, une autre maladie, très rare et très sévèrej qui promettait de lui bouffer toutes ses chances dans les 5 à 10 ans qui venaient, avec dégénérescence progressive de tous les organes.
Seul traitement pour ralentir l'évolution: la greffe de cellules souches.
Première greffe: rejet.
Deuxième greffe: la greffe a pris. Mais la greffe qui devait la sauver a causé des effets secondaires qui ont fini par la tuer. gvh +++
Elle a fait tout ce qu'elle a pu mais c'était trop. On n'a pas su la sauver.
  


Atteindre :


Utilisateur(s) parcourant ce sujet :
1 visiteur(s)