ANNONCER LA MORT AUX ENFANTS
#1
Quand la mort frappe l'un des nôtres, la plupart du temps on se sent démunis devant l'ampleur des procédures à venir et ce qui nous attend. Plusieurs étapes sont à franchir, dont celle d'annoncer la mort à nos proches. Et lorsque des enfants sont affectés par le décès, on ignore bien souvent comment s'y prendre. Quels sont les mots à dire ? Y a-t-il un meilleur moment ? Quelle attitude doit-on adopter ? Doit-on les inclure dans les rituels funéraires ? La réaction des enfants devant la mort est parfois surprenante, de quelle manière les avez-vous accompagnés et comment ont-ils réagi ?
#2
Mes enfants ont été confrontés en 2006 au décès de Georges, le conjoint de maman qui s'est oté la vie. Il avait 83 ans je crois.
L'ainé avait 11 ans, les autres 6 et 4 ans.
Nous leur avons dit avec des mots simples mais vrais : Georges est mort, il a cessé de vivre ... parce qu'il est vieux. Seul le grand est venu aux obsèques (pas au cimétière) et c'est à ce moment que je lui ai dit la cause du décès, car je pensais bien qu'il risquait de l'entendre à l'office. En 2007, il a souhaité accompagner son arrière grand mère jusqu'au bout cette fois.

Pour maman, mes loulous ont suivi le combat, l'ont accompagnée aussi, surtout ma fille Mélycia ( 7 ans en 2008)
ils ont connu la déchéance de leur mamie, le caractère inéluctable de sa maladie. Ils nous ont surtout entendu dire que le jour de son envol serait le jour de son repos et l'ont comprit et accepté.

Le jour J, nous les avons informés, ils sont venus embrasser leur mamie et nous leur avons dit simplement qu'enfin, elle était partie. Ma fille a tenu à voir sa mamie au funé, mon grand à hésité et n'est venu que le surlendemain. Lucas a préféré s'abstenir. Nous avons tj respecté leur volonté.

Les 3 enfants sont venus (avec mon neveu) aux obsèques, ils y ont participé en déposant chacun leur bougie. Ils participent tj à leur manière à la commémoration du souvenir de mes parents en venant avec moi au cimetière, en fleurissant la tombe, en allumant notre bougie parfois.

Une seule chose compte avec les enfants : ne pas les leurrer, ne pas évoquer de voyage, dire la vérité simplement.

Je précise que pendant le combat de maman, j'ai tj tenu compte des conseils de celle qui allait devenir mon amie, Sonia, qui est aussi pédopsychiatre. Elle préconise la communication avec les enfants et le respect de leur choix.

Isabelle Papillon Etoile Scintillante
#3
quand j'ai vu que Nico faisait une hémorragie, mon fils (39 ans) venait de rentrer chez lui après une nuit de travail, j'ai téléphoné chez lui, pour que sa compagne le réveille, à ce moment, Nico vivait toujours!
comme la clinique était sur son chemin, il m'a téléphoné pour voir si on était déjà là, j'étais tellement sur le choc, je lui ai dit, sois prudent sur la route, papa vient de mourir! j'ai entendu un hurlement dans le téléphone, puis j'ai seulement réalisé de ce que je venais de faire: lui dire brutalement, qd il est arrivé à la maison, je m'en suis excusée auprès de lui.
nos petits enfants étaient déjà à l'école, il leur a dit lui même doucement avec des mots adaptés, Bryan lui a 17 ans et Elisa, 11 ans, je dois dire que nous avons élevés nos pts enfants de la journée pendant que leurs parents travaillaient;
Bryan est venu voir son Pépère tous les jours, Elisa n'a pas voulu le voir, mais la psychologue qui nous aidait pendant la maldie de Nico, nous a dit que comme c'est une crémation de demander à Elisa le jour de l'enterrement si elle voulait lui dire au revoir, car pas d'endroit pour se receuillir, on lui a expliqué qu'elle ne le verrait plus et que c'était à elle de décider, elle a quand même dit au revoir à son Pépère.
il y a eu une cérémonie à l'eglise, là ils étaient présents tous les deux, mais pour la cérémonie au crématorium, elle est partie avec ma nièce, qui s'était accouchée le jour de la mort de Nico, à 17 h, lui est décédé à 7 h du matin!
voilà, comment nous avons annoncé la mort aux enfants et leur accompagnement aux funérailles de leur Pépère!
j'oublie de préciser qu'ils savant tous les deux que l'urne est içi, à la maison.
Bryan qd il est allé en tchéquie avec l'école lui a rapporté une rose en cristal de Bohême qui est près de son urne, et Elisa, quand on a ferré son cheval, a gardé un fer et l'a mis à côté de la rose, près de l'urne de leur Pépère!
j'ai peut être été longue mais je voulais partager avec vous la façon dont ça s'est passé.
avec toute mon affection
marie-claire Grosse Fleur
#4
C'est surtout une question de confiance ;
mes 2 filles (19 et 13 ans) ont toujours su la vérité, la gravité de la maladie et la petite savait que l'issue pouvait conduire à la mort mais quand on a 13 ans on y croit pas !! et on passe à autre chose.

son papa est décédé le lendemain de sa rentrée et pour l'ainée le jour de sa rentrée !
les mots ont été simples mais emprunts de vérité à chaque fois.
elles ont participé aux obsèques et à la crémation selon leur désir et ont lu chacune un petit mot bien personnel ; elles ont choisi les musiques lors de la cérémonie ; la grande a suivi le cercueil jusqu'au bout ; la petite et moi n'avons pas pu.
Les enfants doivent toujours avoir la vérité , adaptée à leur âge bien sur et je ne regrette rien aujourd'hui ;
même dans la maladie il est très important de dire les choses.
C'est une marque de confiance vis à vis d'eux.

je dois dire que j'ai toujours été épatée devant la réaction de la plus jeune ; toujours très digne, très forte et la tete haute ; elle a beaucoup pleuré lors de la cérémonie et au moment de l'annonce mais ensuite elle n'a plus jamais pleuré devant moi ; est ce que cela cache autre chose ? je ne sais pas mais au bout d'un an elle parle toujours beaucoup de lui mais reste toujours très forte. A chacun sa manière

Christiane



#5
Bonsoir,
Annoncer le pire, c'est difficile, mais nous leur devons la vérité !
Ce 12 février 2009, après que Jonathan as été tué, il a fallu le soir même annoncer à ces petits frères de 10 ans et 06 ans, qu'il était arrivé le pire. La question était posée. Il a fallu s'accrocher à l'amour que nous portons à nos 03 enfants, pour avoir le courage d'annoncer cette affreuse nouvelle.
Alors après avoir été les chercher à l'école, je leur ai demandé de s'asseoir face à moi sur le canapé car j'avais a leur parlé et que c'était très important. Je me suis assis sur la table de salon juste en face d'eux, et je leur ai dis toute la vérité ...
Dure vérité...
'Mes chéris, Jonathan a été tué ce matin ! Un homme en voiture ne s'est pas arrêté au STOP et la moto de Jonathan n'a pas pu l'éviter.'
J'ai ensuite répondu à toutes les questions en les prenant tous les deux dans les bras. Nous avons pleuré ensemble.
Ensuite, je leur ai demandé s'ils voulaient aller voir son corps. J'ai expliqué qu'il ne bougerais pas, et qu'il serait froid. J'ai donné beaucoup de détails.
Ils ont voulu aller le voir avec nous. Ils ont approché le corps doucement. Et me voyant l'embrasser, ils se sont approchés plus près, puis timidement, ils ont touché sa main. Un petit recul, devant ce contact glacé. J'ai expliqué pourquoi il était froid. ils ont fini par l'embrasser aussi.
Ils ont assisté à toute la cérémonie. J'ai expliqué la crémation. Sauf que troublé (çà paraissait évident) j'ai oublié de leur parler de la mise en bière, à laquelle ils n'avaient pas assisté. C'est donc en sortant de la salle vision, que le petit Enzo m'a sauté dans les bras en me demandant où était Jonathan.
Je m'en suis voulu, je lui ai expliqué que la boîte en bois sur laquelle était posée la photo de Jonathan était son cercueil, qu'il était dans la boîte. Mais que maintenant nous allions récupérer une urne, boîte plus petite qui contiendra ses cendres. Heureusement j'ai pu rattraper le coup comme cela.
Et lors de la dispersion des cendres, il m'a dit : 'c'est bien de le libérer Jonathan, il devait en avoir marre d'être enfermé dans cette boîte.' Il lui a fait le plus beau des adieu.
Une semaine plus tard, pour savoir si, j'avais fais le bon choix, nous avons amené les deux petits chez un psychologue pour savoir s'ils étaient au clair, et pas trop traumatisé par cette affreuse vérité. La Psy a été rassurante, les enfants ne se sont pas senti mis à l'écart. Elle a fini par nous dire que nous avions fais le bon choix. Qu'il valait mieux une dure réalité, à un pieu mensonge qui leur aurait donné l'impression que leur parents ne disent pas la vérité.
Les jeunes enfants sont 'Cash', ils ont besoin de la vérité, cette preuve qu'ils peuvent nous faire confiance, que l'on ne leur mentirons pas.
Depuis, nous n'évitons aucun sujet avec nos enfants et nous parlons et évoquons Jonathan. Et lorsque nous n'allons pas bien, nous leur expliquons pourquoi. Que c'est juste que leur grand frère nous manque terriblement. Du coup ils osent aussi nous parler de leur ressentis, et des coups de chagrin qu'ils ont parfois. Nous mettons grâce à cela, des mots sur la douleur.
Si l'on tait notre douleur, nous faisons le lit de la dépression.
Il faut parler de nos anges partis trop tôt. Il nous faut communiquer sur notre douleur. Et des preuves de ce que j'avance, il y en a plein sur ce site. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, il nous fait tant de bien de communiquer entre nous tous, touchés par un deuil.
Un grand merci à Maryse et Michel d nous permettre de le faire ici, car dans l'entourage des proches, cela devient un sujet Tabou pour eux. Et ils ne peuvent imaginer le besoin que l'on a de pouvoir entendre parler de notre cher disparu.
Merci d'avoir eu la patience de me lire.
Une tendre pensée pour tous nos anges partis trop tôt.Petite Fee Petite Fee Petite Fee
Amicalement
Michel Etoile Scintillante
#6
Quand j'ai recu ce tel du smur( urgentistes)ce fameux dimanche 3 mai j'ai pense que mon mari avait ete hospitalise et mon souci etait de savoir ou je devais aller le voir car comme c'etait le smur qui m'appelait pour moi ca voulait dire qu'il etait en vie car ici quand il y a dc c'est la police qui vient avertir a domicile avec un policier forme pour ca donc quand le medecin m'a dit qu'ils avaient tout tente mais qu'il etait dcd j'ai perdu tout controle je suis decendue chez ma fille en lui montrant le tel et en hurlant c'est pas possible ils disent que papa est mort pour moi c'etait juste pas possible puisqu'il venait de me quitter en me disant a tout de suite donc il y avait forcement une erreur
quant a mes deux fils ils etaient deja partit pour ce fameux match puisque mon mari et mes fils etaient entraineurs eux ont ete avertit par mon gendre aussi brutalement que nous et quand l'aine est arrivait il n'y croyait pas non plus le 2eme de mes fils a vomit c'etait un vrai desastre quand c'est un depart aussi brusque je ne sais pas si il y a une bonne facon d'avertir la famille en tout cas celle la etait rude j'avais besoin de savoir pourquoi c'etait le smur qui m'avait tel je suis allee les voir
la personne m'a repondu que c'etait son chef qui lui avait dit d'avertir la famille car ca serait moins penible pour nous que d'apprendre par la police je ne suis pas d'accord avec ca car par tel on ne connait pas l'etat de la personne ni si elle est seule malade ou capable de recevoir une telle nouvelle
Apres ca deux policiers sont venus pour nous annoncer le dc ils etaient tres faches de cette procedure
Avec le recul je me suis rendue compte que je les tenaient responsable du dc de mon mari alors qu'ils avaient fait tout ce qui etait en leur pouvoir pour le reanimer mais pour moi c'etait injuste qu'il parte en pleine forme et que tout soit termine en somme il me fallait un coupable
Amicalemnt
marierose Etoile Scintillante Bougie Etoile Scintillante
#7
Au décès de mon conjoint, mon petit-fils n'avait que 6 ans et il était venu voir son grand-papa à l'hôpital et il a vu que son grand-papa était très malade, alors ma fille a commencé à lui expliquer que grand-papa était pour mourrir c'est à dire partir et ne plus revenir. Le père du petit lui a expliqué qu'il était parti en poussières d'étoiles et à la cérémonie, le célébrant a très bien expliqué le départ de mon conjoint et mon petit-fils semblait serein malgré notre grande douleur à nous les adultes.

C'est pas facile avec les enfants mais finalement je crois que ces enfants comprennent beaucoup plus facilement qu'on semblerait le croire. Mon petit-fils m'a reparlé de son grand-père et pour lui cela semblait simple, il m'avait dit: il est au paradis et il m'a raconté comment c'était beau.

Coeur blessé
#8
Quand mon daddy d amour
est tombé malade.... mon grand avait 5 ans et mon BB qq mois
En sachant que mon pere allait partir... j ai préparée mes fils
Grand papa va faire dodo... et il va veiller sur nous...
Merci Jean Guy mon p'tit papa.... je sais que tu es la....
lors de la derniere crise d asthme de ''B'' qui a été critique
Tu es venus dans mes reves... ne mettez pas les enfants à part... ils comprennent tout !!! avant les grands xxxxxxxxxx
#9
Nancy,
je suis d'accord avec toi, car les enfants sont entiers et spontanés!
bisous
marie-claire Bye Bye
#10
Bonjour,

Il y a bien longtemps que je ne suis venue sur le site et je découvre cette nouvelle partie qui est importante. Merci Michel et Maryse de votre dévouement Grosse Fleur .
Je me permets de mettre notre témoignage : nos filles et moi-même.
Nous avons vécu plusieurs deuils très proches de 1993 à 2002 mes filles sont de 1982 et 1985.
Début 93, montées auprès de ma mère gravement malade, cette dernière s’était dégradée en quelques heures, elle était méconnaissable, j’ai moi-même été choquée, mes filles et ma maman voulaient se voir..les médecins ont refusé, j’ai donc invoqué des deux côtés la toux mauvaise en temps de soins, j’avais une photo de maman quelque mois auparavant, je l’ai donné à mes filles de la part de sa mamie et vice versa avec Maman. Elle s’est endormie dans la nuit. Les filles n’ont rien demandé de plus.

Ensuite fin 1993, et 1996 deux oncles très proches jeunes (frères), qu’elles avaient vu une quinzaine de jours auparavant, je leur ai posée la question, vous voulez l’accompagner, elles furent paniquées, je leur ai dit que tonton les aimerait toujours autant.

Octobre 1999, leur père les a accompagnées en cours, le soir il était décédé quand je suis arrivée vers elles, elles ont toute suite remarqué que je portais sa chaine autour du cou, les pompes funèbres lui ayant enlevé je l’avais mise instinctivement. Elles se sont effondrées en hurlant, j’ai demandé à la famille de me laisser seule avec elles, je leur ai expliqué puis je leur ai demandé ce qu’elles souhaitaient, rester ? partir ? et d’une même voix elles ont dit, : lui il ne nous a jamais laissé donc on ne va pas le faire, nous l’avons veillé toutes les 3 pendant 3 jours. Mon mari avait vaguement évoqué plus tard quand il serait vieux de se faire incinérer mais sans certitude, je leur ai demandé, elles ont pleuré et n’ont pas voulu. Elles ont assisté à la mise en bière, aux obsèques à la mise en caveau. Elles ont longtemps pleuré, souffert, par moment, elles m’en voulaient de les avoir laissée assister à tout alors que c’est elles qui avaient demandé. Et puis quelques années plus tard au cours d’une conversation avec des amis, elles ont dit cela a été atroce mais nous n’aurions pas voulu que ce soit autrement, aujourd’hui on vivrait avec des remords…

En 2002 , mon jeune frère n’a plus que 3 mois à vivre –cancer du pancréas- Elles me disent on voudrait bien le revoir mais on a peur, il doit pas être bien à voir. J’ai dit ce que mon c½ur me dictait, son âme ce sont ses yeux et ses lèvres, ce sont les seules choses qui ne changent pas, si vous décidez d’aller le voir il ne faudra regarder que cela et tout le reste disparaitra.
C’est ce qu’elles ont fait, elles ont ri, pleuré avec lui, lui ont dit au revoir, se sont promis de veiller l’un sur l’autre….j’ai respecté leur souhait de ne pas aller aux obsèques.

Je pense que nous devons rester le plus authentique possible et respecter la décision de nos enfants.
  


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